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Marie Paule DEVILLE-CHABROLLE évolue dans un monde énigmatique
et silencieux où chaque oeuvre soulève autant de questions. Il
n'est pas essentiel de chercher à y répondre. C'est un monde secret
qu'on se doit ne pas bousculer. Il faut prendre le temps de traverser
ce monde, de s'y perdre, de s'y abandonner pour se dire peut-être
qu'on pouvait tout y trouver d'un seul regard. Elle sait dégager l'invisible, l'infiniment présent, l'infiniment lent des gestes des femmes, mais aussi l'improbable autant que l'attitude. L'équilibre se fait alors dans l'intimité de son regard interieur. Les corps s'enroulent sur on ne sait quel axe de mystère ou d'ambiguité. L'artiste donne à toutes ces femmes une dimension unique et cette sorte de grâce qui font d'elles un monde à part entière. C'est dans cet imaginaire là que l'artiste saisit l'instant qu'il "suffirait" de dégager pour nous permettre d'entrer dans leur monde. Elles sont là, simplement, portant en secret l'empreinte d'une mémoire lointaine, souvenirs reccueillis dans des placards de solitude, lettres jaunies, paroles jamais prononcées, tout ce mouvement dérisoire de la vie qu'il est urgent de retenir ou de laisser disparaître. Entre ombre et lumière, ou sous leur abri de bronze, on les croirait modelées au souffle du reve ou au rythme d'une respiration toujours en équilibre sur le fil tendu du désir. Et si l'ocre, le bronze ou l'or demeurent les principales teintes de son oeuvre, c'est sûrement que son art ne supporte pas l'artifice des couleurs. Ses couleurs à elle sont plutôt des lumières, comme pour mieux revenir à l'essentiel, tout ce que Marie-Paule DEVILLE-CHABROLLE renferme d'amour, de sensibilité et qui nous ramène à une émotion pure.
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